Europe - PRESSE : Le Parlement Européen alerte contre les tentatives de réduire les médias au silence

Europe - PRESSE : Le Parlement Européen alerte contre les tentatives de réduire les médias au silence

Europe - PRESSE : Le Parlement Européen alerte contre les tentatives de réduire les médias au silence

Par Eurotribune - Parlement Européen, le 26 Novembre 2020

  • La liberté des médias en Europe a reculé
  • Les députés condamnent le harcèlement et les attaques à l’encontre des journalistes, en particulier de la part des responsables politiques
  • La Commission doit régulièrement évaluer l'ingérence des gouvernements et la transparence des structures de propriété
  • Les fonds de l’UE ne peuvent être accordés aux médias contrôlés par l’État ou diffusant de la propagande politique
  • Le Parlement est fortement préoccupé par l’état de la liberté des médias au sein de l’UE et dénonce les violences, le harcèlement et les pressions auxquels sont confrontés les journalistes.

    Dans une résolution adoptée par 553 voix pour, 54 contre et 89 abstentions, le Parlement évoque “les tentatives des gouvernements de certains États membres de faire taire des médias critiques et indépendants et de porter atteinte à la liberté et au pluralisme des médias”. Les députés sont particulièrement préoccupés par l’état des médias du service public dans certains pays de l’UE, où ils sont devenus un “exemple de propagande pro-gouvernementale”.

    Ils considèrent que la liberté et le pluralisme des médias, et que l’indépendance et la sécurité des journalistes sont des composantes essentielles du droit à la liberté d’expression et d’information, et sont indispensables au fonctionnement démocratique de l’UE. D’après la résolution, la “liberté des médias s’est dégradée au cours des dernières années”, et la pandémie de COVID-19 a amplifié ce recul.

    Une meilleure protection des journalistes, en particulier des femmes journalistes

    Les députés soulignent une “tendance croissante à l’intimidation pour réduire les journalistes au silence”, et mentionnent les meurtres de Daphne Caruana Galizia et de Ján Kuciak et de sa fiancée pour rappeler les risques auxquels sont confrontés les journalistes d’investigation. Ils invitent les personnalités publiques à s’abstenir de discréditer les journalistes et insistent sur l’obligation légale d’enquêter sur toute agression. Les députés signalent aussi que les femmes journalistes sont particulièrement vulnérables et devraient bénéficier d’une protection supplémentaire.

    Un pluralisme menacé par une concentration excessive des médias

    La résolution souligne que lorsque les médias sont entre les mains d’un nombre trop restreint de personnes, le pluralisme est mis en péril, ce qui rend plus difficile la lutte contre la propagation de la désinformation. Les députés demandent que les pays de l’UE prennent des mesures pour éviter une concentration excessive des médias et pour garantir leur transparence. Ils reprochent aux gouvernements leur ingérence excessive notamment via la publicité et indiquent clairement que les fonds de l’UE ne doivent pas être consacrés aux médias contrôlés par les gouvernements ou à la propagande politique.

    À cet égard, le Parlement invite la Commission à évaluer la transparence de la propriété des médias, ainsi que les ingérences privées et gouvernementales dans chaque État membre, dans le cadre de son évaluation annuelle de l’État de droit. Les députés insistent sur le fait que les tentatives visant à porter atteinte à la liberté et au pluralisme des médias devraient être considérées comme un abus de pouvoir grave et systématique qui va à l’encontre des valeurs fondamentales de l’UE.

    Les discours de haine et la désinformation en ligne

    Les députés veulent un cadre juridique plus solide pour prévenir et contrer l’augmentation des discours de haine en ligne. Ils souhaitent une meilleure coopération entre les plateformes en ligne et les services répressifs. Ils soulignent que les mesures volontaires prises par les plateformes sont “nécessaires, bien qu’encore insuffisantes” pour lutter contre la désinformation, les contenus illicites et l’ingérence étrangère. Toutefois, les plateformes ne “doivent pas devenir des organismes de censure privés”, et leurs activités de retrait des contenus illégaux doivent toujours être soumises à des garanties.

    Enfin, le texte adopté met en avant les préoccupations concernant l’ingérence étrangère visant à polariser et à éliminer le pluralisme. Il met aussi en garde contre les conséquences potentiellement néfastes de la manipulation des informations liées à la pandémie de COVID-19.

    Citation

    La rapporteure Magdalena Adamowicz (PPE, PL) a déclaré: “Nous assistons aujourd’hui à la destruction de la démocratie, à la prise de pouvoir à l’aide de mensonges. Il n’existe pas de liberté sans indépendance des médias, pas de démocratie sans pluralisme des médias. Les médias doivent servir la vérité et non le mensonge. Ils doivent être au service des électeurs, pas de ceux qui sont au pouvoir. Ils doivent aider à contrôler le pouvoir. Ils doivent protéger la démocratie, mais ils peuvent aussi la tuer. Voilà pourquoi les médias doivent être indépendants.”

  • Illustration : https://pixabay.com/fr/photos/actualit%C3%A9s-journal-presse-m%C3%A9dias-4927976/

 

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