Europe - 58% des Français se déclarent défavorables à l'adhésion des pays des Balkans occidentaux à l'Union européenne.

Europe - 58% des Français se déclarent défavorables à l'adhésion des pays des Balkans occidentaux à l'Union européenne.

Europe - 58% des Français se déclarent défavorables à l'adhésion des pays des Balkans occidentaux à l'Union européenne.

Par Par Sébastien Gricourt et Srdjan Cvijic pour la Fondation Jean-Jaurès, le 03 Février 2021

58% des Français se déclarent défavorables à l'adhésion des pays des Balkans occidentaux à l'Union européenne.

La Fondation Jean-Jaurès dévoile une étude sur l'opinion française, menée par l'Open Society European Policy Institute entre mars et décembre 2020, vis-à-vis de la candidature des Balkans occidentaux à l'adhésion à l'Union européenne. Il en ressort que plus de la moitié des Français (58%) sont défavorables à l'adhésion des pays des Balkans occidentaux (Albanie, Bosnie-Herzégovine, Kosovo, Macédoine du Nord, Monténégro et Serbie). Les auteurs analysent les raisons d'une telle défiance de la France envers ces pays des Balkans.

Depuis une quinzaine d'années l'avis de l'opinion publique française sur l'adhésion des Balkans a considérablement évolué. En 2006 elle était largement favorable puis défavorable en 2018. En mars 2005, un amendement constitutionnel a été adopté soumettant à referendum toute prochaine adhésion d'un état à l'Union européenne (UE). Cette disposition qui visait essentiellement à rassurer l'électorat de droite demeura inscrite dans la Constitution française malgré l'échec du référendum sur le traité établissant une Constitution pour l'Europe en mai 2005.
 
Entre temps, le déclin de l'opinion publique française à l'égard des six États des Balkans occidentaux candidats à l'adhésion (Albanie, Bosnie-Herzégovine, Kosovo, Macédoine du Nord, Monténégro, Serbie) et des considérations électoralistes nationales, influencent la position officielle de la France en matière d'élargissement de l'UE. En effet, le véto français à l'ouverture des négociations d'adhésion avec la Macédoine du Nord et l'Albanie en 2019 semblait alors surtout guidée par les considérations électoralistes nationales pour flatter l'électorat de droite. Cette décision, qui range définitivement la France parmi les pays européens les plus sceptiques, correspondait en apparence au sentiment général de l'opinion publique depuis plusieurs années.
 
Selon l'enquête, 58% des Français se déclarent défavorables à l'adhésion des Balkans à l'Union européenne. Cependant ces chiffres sont à nuancer, car seulement 8% considèrent que leur vie serait « fortement » affectée par l'adhésion de ces états balkaniques et 20% qu'elle le serait « un peu ». Il s'avère également qu'entre le début, en mars 2020 et la fin de l'enquête, en décembre, 43% des répondants avaient changé d'avis sur l'élargissement de l'UE aux Balkans occidentaux.
 
Ces chiffres démontrent que les avis des Français ne sont pas arrêtés sur la question, que celle-ci n'est pas un sujet prépondérant, a fortiori encore moins pour influer le cours d'une élection nationale. L'enquête a permis de conclure que les avis négatifs et positifs sur l'élargissement reflètent surtout des opinions sur l'UE. Ils indiquent, selon les points de vue, des sentiments que l'élargissement était déjà allé trop loin, ou des inquiétudes sur la cohésion européenne en cas de nouvel élargissement et sur la capacité de l'UE à absorber les nouveaux entrants. Les partisans estiment au contraire que l'intégration de nouveaux membres rendrait l'UE plus forte.
 
Cependant Sébastien Gricourt et Srdjan Cvijic prônent plus de transparence et de pédagogie pour permettre un débat éclairé sur l'élargissement de l'Union européenne aux pays des Balkans occidentaux. En définitive, les responsables politiques ne trouveront aucun fondement dans cette étude confirmant qu'ils pourraient se trouver pénalisés dans les urnes parce qu'ils prôneraient la poursuite de l'élargissement au pays des Balkans. Le problème européen est plutôt dans la confiance que l'UE peut inspirer et dans la crédibilité qu'elle peut démontrer à ses citoyens.

Par Sébastien Gricourt et Srdjan Cvijic pour la Fondation Jean-Jaurès (03-02-21)

 

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