Occitanie - OCCITANIE - Le collectif TNE Occitanie Environnement rencontre PNR Haut Languedoc et la DREAL

Occitanie - OCCITANIE - Le collectif TNE Occitanie Environnement rencontre PNR Haut Languedoc et la DREAL

Par Michèle SOLANS et Jean POUGNET, le 16 Février 2017

Le secret dont sont entourés les projets de parcs éoliens industriels, s'il n'est pas surprenant chez les promoteurs privés, l'est beaucoup plus de la part des élus et de l'administration qui évitent au maximum toute concertation avec les populations très souvent réticentes. 

Cela se traduit par des décisions étonnantes comme par exemple : 

- des préfets sur le point de donner un accord à des projets rejetés par la population et le conseil municipal comme à Courniou (34) 

- à Ferrières-Poussarou (34) où EDF EN demande une dérogation au code de l'environnement pour pouvoir détruire l'habitat de l'aigle royal (espèce protégée) et qui l'obtient malgré l'avis défavorable du Conseil national de protection de la nature et alors que le village et les communes voisines sont contre !

Nous avons tenté de savoir pourquoi le seul choix de l'éolien industriel, surtout dans des Parcs naturels d'Occitanie (Haut Languedoc, Grands Causses…) ?  Pourquoi les administrations et services de l'Etat nous reçoivent, après de nombreuses sollicitations, sans pouvoir nous donner de réponses précises ? 

Vous trouverez en pièce jointe deux communiqués qui résument nos rencontres avec le PNR Haut Languedoc et la DREAL


 

Le développement durable peut-il se passer d’une démocratie durable ?

 


Le collectif TNE Occitanie Environnement qui regroupe 140 associations de la région, avait rendez-vous avec la DREAL le 16 janvier à Toulouse pour amorcer, enfin, une concertation qui n’a que trop tardé, sur l'éolien industriel.

Rappelons que parmi les missions de la DREAL figure : « la promotion de la participation des citoyens dans l’élaboration des projets ayant une incidence sur l’environnement ou l’aménagement du territoire ».

L’accueil réservé par cette administration laisse mal augurer d’une réelle volonté de débat. Alors que de longue date la réunion était prévue et qu’une série de questions précises avait été adressées, nos interlocuteurs n’avaient rien préparé et que peu de temps à nous accorder ( 45 minutes pour la directrice adjointe !)

Les problèmes posés par la multiplication anarchique de parcs éoliens industriels sont transversaux et recoupent justement les différentes missions de la DREAL (1), or nous n’avons été reçus que par le directeur à l’énergie.

Dans la perspective de l’élaboration du SRADDET (shéma régional d'aménagement, développement durable et égalité des territoires) nous proposons une démarche simple et cohérente. Nous l’évoquerons aussi lors de l’entretien que nous avons sollicité avec la présidente de la Région :

- les autorités régionales doivent se prononcer pour un moratoire sur tout nouveau projet éolien industriel ce qui permettrait de faire un état des lieux en tenant compte des impacts de l'existant ; - les différents services doivent désormais réfléchir en fonction d’une vision socio-économique globale de nos territoires et pas seulement du développement des énergies renouvelables ;

- lors des procédures d’étude de projets industriels, les habitants et leurs associations doivent être auditionnés, alors qu’à ce jour les promoteurs, eux, sont entendus (jusqu'ici les administrations semblent au service des seuls opérateurs). 

Malheureusement il semble que l'objectif de développer à tout prix l'éolien industriel  passse avant tout; les lois et règlements (code de l'environnement, code de l'urbanisme, directives biodiversité...) et la nécessaire concertation avec les populations, ne pèsent pas lourds face aux intérêts du lobby éolien.

Nous n’avons donc reçu aucune assurance quant à une éventuelle inflexion de la politique menée jusqu’alors et pas plus de réponse aux questions précises que nous avions posées. 

Ne resterait-il que la rue pour se faire entendre ?

(1) La DREA L ( direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement) a comme missions, entre autres : La loi Paysage - Les directives européennes sur la biodiversité et les textes sur la protection des espèces protégées - La loi Montagne - Le code de l’urbanisme dont les articles R111- Le code de l’Environnement... 


 

Parc naturel régional du Haut Languedoc : L’État et les collectivités doivent respecter le plafond des 300 éoliennes ! 

 


Nos associations, depuis 2008, alertent les responsables du Parc sur les effets prévisibles des pressions de toute nature exercées par les développeurs éoliens. En acceptant l’installation d’éoliennes industrielles, les élus ont toutefois fixé un plafond de 300 éoliennes à ne pas dépasser (représentant quasiment 3 éoliennes par commune du Parc !). Cette disposition est inscrite dans la Charte du Parc naturel régional du Haut Languedoc ratifiée par l’État (Décret n° 2012-1390 du 11 décembre 2012).

Aujourd’hui, avec 269 éoliennes autorisées, 45 éoliennes à l’instruction et plusieurs autres projets en cours de développement, il existe un potentiel de plus de 350 éoliennes. Ce chiffre augmente chaque mois en raison du démarchage incisif des développeurs et de la permissivité d'élus séduits par la manne providentielle qui leur est promise.

Nos associations posent 2 questions qui appellent des réponses urgentes :

  • -  Les maires des communes signataires de la charte du PNRHL respecteront-ils enfin leurs engagements en fermant la porte aux développeurs de l’éolien industriel ?

  • -  Les services administratifs des deux départements feront-ils respecter le plafond des 300 éoliennes en mettant en œuvre une procédure rigoureuse ?

Daniel Vialelle, président du Parc du Haut Languedoc s'est engagé publiquement à faire appliquer le contenu de la Charte. Il a, dans ce sens, adressé une lettre à tous les élus du Parc, leur rappelant leurs engagements. Des élus qui continuent à accueillir favorablement les porteurs de projets éoliens font preuve d'incohérence et d'irresponsabilité.

Les services de l’État, que nous avons rencontré à Toulouse et à Albi, ont reçu une note juridique du ministère de l'Environnement établissant clairement que la Charte du Parc doit être respectée. Il est donc surprenant de constater des divergences entre les services préfectoraux du Tarn et de l'Hérault dans son application. L’harmonisation entre les deux départements est nécessaire. Nous voulons être assurés que dès cette année il sera définitivement mis fin aux autorisations d'installation dans la limite de 300 éoliennes industrielles sur le territoire du Parc.

Tout doit être fait pour protéger le patrimoine naturel et paysager du Haut-Languedoc, remarquable et fragile. C'est une vraie richesse, « le prix de ce qui n'a pas de prix », que nous devons aux femmes et aux hommes d’aujourd’hui et de demain.

En ces temps où la défiance des citoyens à l’égard des politiques est grandissante, il serait inacceptable que les engagements des signataires de la Charte du Parc ne soient pas respectés tant par les collectivités locales que par l’Etat. Ces autorités en perdraient toute crédibilité et l’avenir du Parc serait gravement compromis.

 

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