Tarn - TARN - MONTAIGUT LISLE-SUR-TARN - 1ères Journées TRANS'OC 2017 les 26 et 27 août 2017

Tarn - TARN - MONTAIGUT LISLE-SUR-TARN - 1ères Journées TRANS'OC 2017 les 26 et 27 août 2017

Par Patrick HUTCHINSON, le 24 Août 2017

Samedi 26 août : Ciné d'Oc

"Un aprés-midi pour le Cinéma d'oc"

Lieu : Salle des Associations , Ecole 1886, Lisle-sur-Tarn - 14h30-15h30

La Seria 1 et II

Deux films en occitan etc. (c'est bon), en présence d'un des réalisateurs ( Julien CAMPREDON) 15H30 - 16H30

Mieterrano, çaï e Laï

Paix, liberté et joie entre Peuples de Méditerranée

Film en occitan provençal sur des textes de Frédéric Mistral et avec la participation des chorales de plusieurs établissements scolaires de Haute-Provence ( Collèges, Lycées de Forcalquier, Manosque)

Réalisation : Didier Maurell, Philippe Franceschi

- 16h30-16h45 : Pause-café, discussion

16h45-17h15

CATHARE

Fiction; 28 mins. 1999

Réalisation : Michel Gayraud

17h15-18h15

Oihèrs,

La vie des bergers en Hautes-Pyrénées

Film en occitan gascon, sous-titré en français;

Réalisation: Fabrice Bernissan

 - 18h15-18h30 : Pause-café, discussion

18h30-19h30

Le Siège de Beaucaire/Lo Sèti de Belcaire ( Crozada d'Uei II)

Film musical bilingue, mêlant français ( 70 %), occitan ancien et moderne.

Réalisation: Stéphane Lioger

19h30

Questions, discussion informelle sur les médias d'Oc et leur devenir/avenir;

Participants : Fabrice Bernissan, Didier Maurell, Stéphane Lioger, Amic Bedel, Julien Campredon

- Verre de l'amitié offert par le Domaine de Cassagnols ( Lisle-sur-Tarn)

Dimanche 27 août : " Conversation  au vert " 

Lieu : Site de Montaigut ( Théâtre de Verdure).

Thème 2017 : L'OCCITANIE, ET MAINTENANT ?

15H-15H45

L'Occitanie,une Marque, un Blason ou un Etendard? Débat sur la notion d'Occitanie comme site de reterritorialisation face aux tsunamis de la Mondialisation...

Participants : Benjamin Assié ( Directeur CIRDOC), Philippe Sour ( Tarn, Coeur d'Occitanie), Jean-Yves Agard ( chercheur Kedge, Industries Créatives Culture)

Modérateur/Arbitre : Huc Jourde ( Directeur, revue Occitania, Partit Occitan)

Questions. Pause de rafraichissement

16h-16h45

De quoi l'Ocitanie serat-elle le Nom ? Sous quelles conditions la nouvelle Région pourra t'elle redevenir un refuge des valeurs et le rempart de... quels espoirs ?

Participants: Hervé Guerrera ( Ancien Conseiller Régional Provence-Alpes-Côte d'Azur, Conseiller municipal Aix-en-Provence), Joël Bouc ( Président IEO 13) , Jean Tkaczuk ( Président CCRRDT, Région Occitanie)

Modérateur/ Arbitre : Eric Barthe ( IEO 81, Centre Rochegude)

Questions. Pause de rafraichissement.

17h-17h45

Les Cathares ont-ils vraiments existé? Autour du numéro 430 de la Revue L'Histoire ( Novembre 2016)

Participants : Anne Brenon ( Historienne, auteure, spécialiste Catharisme) Pilar Jimenez ( Historienne, spécialiste des Catharismes), Didier Panfili ( Historien Médiéviste, spécialiste des Aristocraties méridionales, Paris1 - Sorbonne)

Modérateur/ Arbitre : Jordi Blanc ( Auteur, éditeur, Editions Vent Terral)

Questions.

Repas convivial ( Paniers partagés, traiteur produits locaux, dégustatios vins de Gaillac).

Trans'OC 2017, le 26 et 27 août 2017
 

Vers un nouvel art lyrique...
Jouant très volontairement sur les anachronismes en mêlant le récit poético-historique à une enquête télévisuelle, le rap aux chants des troubadours, le slam et le dub reggae à la musique médiévale et arabo-andalouse, le théâtre à la vidéo, la trilogie Crozada d’Uei interprétée par les comédiens, chanteurs et musiciens de l'Entrebescar, fait éclater au grand jour, en pleine période de huit centième anniversaire, l’actualité criante de la croisade contre les Albigeois.

L’association Quai Griolet Productions, créée en avril 2009 autour de Patrick Hutchinson (Poète, docteur ès lettres, chercheur en littérature d’oc médiévale) a voulu faire de cette période une occasion de revenir sur la signification de cette croisade et dépasser la simple commémoration en présentant une nouvelle mise en valeur de la Chanson de la Croisade (Canso de la Crosada), grand texte poétique en langue d’oc du 13e siècle.

Le projet Crozada d’Uèi s’articule autour d’un spectacle mené par l'Entrebescar, une équipe passionnée pluridisciplinaire pour rendre présents les enseignements de la Croisade. Chant et musique traditionnelle, poésie, théâtre, dub raggae, slam et rap s’entremêlent pour amorcer une réflexion contemporaine sur une Croisade qui continue aujourd’hui encore (et sans doute plus que jamais !), à marquer les esprits en soulevant la controverse, et en travaillant en profondeur nos mémoires.

L’Europe du 21ème siècle est plus que jamais invitée, non pas à la commémora­tion, mais au travail mémoriel. La Croisade contre les Albigeois est bel et bien l’un des carrefours majeurs, un moment-clé de son histoire, et ne concerne pas les seuls languedociens et autres méridionaux, même si elle les concerne bien en premier lieu. 

C’est ainsi que nous n’avons pas craint de jouer avec les anachronismes en mê­lant le récit poético-historique à une enquête télévisuelle sur la croisade albigeoise : au drame et à la poésie épique de la Chanson de la Croisade se mêlent la mise en scène parodique et presque burlesque du talk-show contemporain, aux accents cristallins du grand chant des trobaïritz et des trobadors se mêlent les rythmes de la guitarina et de la mandole de Marc Bellity, du rap, du slam et du dub reggae de Mauresca Fracas Dub, Jo Corbeau et Yellow. 

Ce travail de réécriture redonne toute sa vivacité à la langue et fait remonter en filigrane la saveur de cette véritable « langue sous la langue » que représente dans nos régions l’occitan des trobadors. 

Commémoration ou travail de mémoire ?
 

La période 2009-2013 coïncide avec le huit centième anniversaire de la Croisade contre les Al­bigeois, immense vague de répression politico-religieuse déclenchée par la papauté contre les cathares et déferlant sur le Midi de la France, notamment le Languedoc. La Croisade proprement dite a duré plus de 20 ans, et a débouché, outre la férocité de la répression religieuse, sur la dépossession brutale d’une partie non négligeable des forces vives de la société méridionale, autant dire des structures de soutien matérielles et spirituelles de toute une culture, à travers l’instauration et la mise en oeuvre directe par Rome de la première Inquisition, appelée à parcourir le pays en tous sens pendant plus d’un siècle.

Cette croisade représenta en réalité jusqu’à 40 croisades, c’est-à-dire, deux par an pendant 20 ans (1209-1229). Elles correspondent aux fameuses ‘quarantaines’ de la féodalité, permettant aux ‘bons chrétiens’ du Nord de gagner terres, butins et indulgences et mettant régulièrement en marche chevaliers, clercs, hommes d’armes de toute l’Europe. C’est-à-dire deux fois par la durée – et certainement par la férocité - les guerres du Vietnam, de l’Irak ou de l’Afghanistan. Elle fut suivie par un siècle d’Inquisition, c’est-à-dire d’expropriation, de délation, de police des mœurs et des esprits, sans précédent dans l’Histoire. Car il faut se rendre à l’évidence : l’Inquisition, avec sa mise au pas et sous surveillance de populations entières, ses crimes de torture et contre la liberté de conscience, est bel et bien née alors sur les terres d’Oc, sous la mandature directe de la papauté, et cela bien deux siècles avant l’Espagne et Torquemada. Nous sommes donc devant l’un des premiers exemples de l’Histoire du génocide culturel, et selon certains, devant son invention même.

La Croisade a donc marqué l’écrasement inexorable du midi toulousain et de l’ancienne Gothie septimanienne, avant que la Provence ne tombe à son tour. Ainsi elle précipite la fin de l’autonomie naissante et de la singularité d‘une civilisation à l’avant-garde des libertés, de la création littéraire et artistique devançant de plusieurs siècles notre modernité, de la naissance précoce d’une émancipation des femmes pendant longtemps restée sans équivalent, ce qui en fait l’un tournant tragique du devenir historique européen. 

Autant dire que, en ce qui concerne nos régions, et plus particulièrement le Languedoc-Roussillon, le Midi-Pyrénées et la Provence, l’année 2009 ne devrait marquer que la butée initiale, certes capitale, d’une longue série de débats et d’événements relevant d’un processus d’anamnèse culturelle, jalonnée par d’autres anniversaires non moins fatidiques tels que la bataille de Muret (2013), le Siège de Beaucaire et la mort de Simon de Montfort (2018), offrant ainsi l’occasion hors pair d’une réflexion approfondie sur les aléas de la formation de l’État en France et en Europe.

La ville de Sommières, parmi bien d’autres, a été en première ligne des lieux ayant subi le choc de la Croisade et essuyé les plâtres de ses retombées. Alors que Sommières avait été au XIIe – XIIIe siècles parmi les centres de rayonnement de la culture occitane et notamment de l’art des troubadours, voyant peut-être encore naître dans ses murs au treizième siècle le célèbre roman d’amour courtois en vers Flamenca, cité parmi les joyaux de la littérature d’oc, cette ville importante perdra à l’occasion de la Croisade, avec la tutelle de ses co-seigneurs, les Bermonds de Sauve-Anduze et de Sommières, dont une partie des biens a été aliénée par Louis IX contre les salines de l’Abbaye de Psalmodi à Aigues Mortes, son antique autonomie, assistant à la transformation de son emblématique Tour Bermond en place forte et en prison royales pour la répression de hérétiques, et à sa mise sous tutelle directe du sénéchal du roi..

Aujourd’hui, nous voyons après tant de siècles à nouveau flotter le drapeau des comtes de Toulousedevenu celui de la moderne Occitanie, sur la Tour des Bermonds, encore debout contre vents et marées de l’histoire.

La période 2009-2013 marquant donc par excellence cette ouverture d’un temps fort pour la commémoration de la Croisade, nos amis Sommiérois de l’association Quai Griolet Productions, implantée à Sommières, connaissant nos travaux, nous ont dès lors fortement incités à revenir sur cette ‘mémoire dormante’, inséparable de l’esprit et du ‘génie du lieu’ cher à Lawrence Durrell, et à nous efforcer par l’organisation d’un événement scénique et poétique propre à susciter la réflexion à évoquer quelque chose de son immense importance aujourd’hui encore trop souvent passée sous silence.

Notre ambition depuis le début n’a pas été de nous adonner à une énième commémoration purement ponctuelle et festive, encore moins à la reconduction de stéréotypes parfois trop facilement popularisés et désormais sous les feux de la critique historique, mais de déboucher sur l’adaptation pour la mise en scène, au travers d’une déjà assez longue élaboration (nous y travaillons en équipe depuis trois années), d’une œuvre littéraire fortement impliquée dans les questions majeures soulevées par son sujet, à mettre en place grâce au concours de professionnels engagés dans le chant et le théâtre d’avant-garde de la Région.

Le récit, de Béziers à Toulouse...

Crozada d'Uei I
Béziers - Muret - Le procès Innocent III

Pixelman, preśentateur charismatique d’une chaîne de télévision indépendante, arrive tôt le matin dans une ville du Midi avec son équipe, pour diffuser en direct un épisode de sa célèbre émission « La vie comme si vous y étiez ». Quelle ne sera pas sa surprise de rencontrer et de pouvoir interviewer, en direct, divers fantômes du passé, dont certains de Sommières même : un célèbre écrivain, Lawrence Durrell, et un seigneur féodal, Bermond de Sommières, mais également, depuis tout le Languedoc et toute la Provence : hérétiques, évêques, inquisiteurs, historiens, poètes, écrivains qui se sont parfois trompés de siècle, dames énigmatiques, équivoques ou rebelles, chanteurs, acrobates, jongleurs !!!
 

Crozada d'uei II
Le Siège de Beaucaire

Dans le contexte dramaturgique de l'émission télévisée de la partie I, la seconde partie raconte le retour en Provence du Comte Raimon VI de Toulouse et de son fils Raimon VII en 1211, avec le soulèvement d’une bonne partie des barons provençaux en leur faveur, suivi du fameux Siège de Beaucaire où les chevaliers provençaux et le peuple de Tarascon/Beaucaire se sont battus, jusqu’à ce que les galères municipales de Marseille leur viennent en renfort par le Rhône (en chantant au rythme des rames, dit la Chanson de la Croisade). Il s’agit, du point de vue méridional et raimondin, le moment le plus lumineux et chargé d’espérance de toute la Croisade.

 Ainsi, plusieurs personnages s’efforcer de mieux éclairer le second siège de Toulouse : Hervé, grand reporter et correspondant pour la chaîne au treizième siècle, le commentateur Lawrence Durrell, des invités de marque tels le Poète, Raimond VII de Toulouse, l’Évêque Foulque, Alazaïs de Roquemartine, Brunissen de Penne d’Albigeois et bien d’autres troubadours, trobaïritz et hérétiques, et jusqu’au grand Jean Jaurès lui-même (en compagnie de Rosa Luxembourg).

 Voyant dans ce drame du XIIIème siècle des similitudes frappantes avec de nombreux événements qui marquent notre histoire la plus proche, ils ne manquent pas d’en ressusciter, aussi, la mémoire. Et d’éclaircir, au passage, quelques énigmes locales telles que la trouvaille des « Éperons dorés » ou le drame de « la Source de Giscel »…

Crozada d'Uei III

Dans le contexte dramaturgique de cette émission télévisée, est raconté, à la suite du massacre de Béziers (Juillet 1209) et du désastre de Muret (1213) et en français et en occitan, le premier siège et la reddition de Toulouse. En dépit de cela et notamment grâce à la reprise de Beaucaire par les deux comtes de Toulouse, père et fils (Partie II), l’étoile politique et militaire de Simon de Montfort et de ses fils, ainsi que celle de la plupart de leurs proches compagnons croisés, va aller en déclinant, ce qui nuance grandement les idées reçues. Ignoré et pourtant relaté avec éclat et brio par l’Anonyme, le fameux auteur incognito de la deuxième partie de la Chanson de la Croisade, un événement de ce développement est capital : le deuxième Siège de Toulouse, que, précisément, la troisième partie de Crozada d’Uei met en scène, en voix et en musique.

 Malgré la démolition des remparts de la ville sur ordre de Montfort dès 1214, le Siège de Toulouse conduit la population de Toulouse (l’adreitz valen poble, dit la Chanson), toutes classes sociales et les deux sexes confondus, à se transformer en « Commune insurrectionnelle » avant la lettre (« l’Universitas » de Toulouse). Un soulèvement populaire général est organisé contre l’Occupant, dit le « Seigneur Postiche », donnant lieu à des batailles de rue et des scènes de guérilla urbaine dignes d’un film de Kurosawa. S’ensuit la scène dramatique de la mort du chef des Croisés, Simon de Montfort lui-même, tué sous les défenses de Toulouse par un boulet de catapulte tiré par une équipe de femmes (la Chanson insiste là-dessus).

 Ce point culminant de la partie de l’Anonyme vient achever (comme il achève et fixera la réputation de son objet pour les siècles) le fameux contre-éloge ironique de Monfort en tant que chrétien modèle et Paladin de la foi, un des sommets indépassables de l’art lyrique des troubadours et de toute la littérature d’oc. Ainsi, paradoxalement, cette partie débouche non pas sur la défaite et l’humiliation de l’Occitanie, mais sur celles des Croisés et de leurs chefs rapaces. Sous la conduite retrouvée et plutôt inspirée du jeune comte Raimond VII, elle donne lieu à une bonne dizaine d’années d’indépendance constructive (voyant naître notamment les premières « Bastides »), de relative liberté religieuse et politique et de… redressement.

 

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