Occitanie - Après une année éprouvante à la vigne, les vignerons retrouvent (un peu) le sourire grâce au bel été

Occitanie - Après une année éprouvante à la vigne, les vignerons retrouvent (un peu) le sourire grâce au bel été

Occitanie - Après une année éprouvante à la vigne, les vignerons retrouvent (un peu) le sourire grâce au bel été

Par La rédaction, le 09 Septembre 2021

Dans les vignobles du Sud-Ouest, les premières vendanges sont attendues pour la semaine prochaine. Comme c’est le cas depuis le début du mois d’août, les conditions climatiques sont pour l’instant favorables grâce à l’alternance de journées chaudes et ensoleillées et de nuits fraîches. Elles ne sauraient toutefois contrebalancer les difficultés du printemps, dont le gros coup de gel du mois d’avril dont les effets se font encore ressentir.

 

Des volumes sous la moyenne

C’est la conséquence directe de l’importante gelée d’avril, la vendange 2021 sera l’une des plus faibles des dernières années. Selon les estimations, la baisse devrait s’élever à environ 10 % pour les vignobles en AOP et se situer dans une fourchette entre 25 et 35 % pour les vignobles en IGP. Localement, le repli pourrait même être plus sévère encore avec des récoltes parfois diminuées de moitié. « À des degrés divers, tous les vignobles sont impactés. Néanmoins, les volumes globaux apparaissent suffisants pour conserver nos marchés et attendre 2022 en escomptant un retour à la normale », précise Christophe Bou, président de l’IVSO.

 

Un « millésime de vigneron »

En outre, les mois qui ont suivi l’épisode de gel, spécialement pluvieux, auront suscité sur certains secteurs l’apparition de maladies (mildiou, oïdium, black rot) ainsi que de ravageurs comme la cicadelle ou le ver de la grappe, contraignant les vignerons à passer beaucoup de temps dans les vignes pour surveiller et contenir le risque parasitaire. À l’arrivée, on peut donc parler de « millésime de vigneron » selon l’expression consacrée pour désigner une année pendant laquelle les vignerons ont dû redoubler d’efforts. Ceux-ci auront cependant payé, comme l’observe Pascal Verhaeghe, président de l’Union interprofessionnelle des Vins de Cahors : « Dans l’ensemble, la pression aura été bien gérée par les vignerons. Et au final les raisins sont beaux : c’est notre chance. »

 

Août-septembre : une météo redevenue clémente

Le joli mois d’août, combiné à l’absence de stress hydrique, a aussi permis de soulager les vignerons. « Depuis le 8 août, les conditions sont idéales, témoigne Alain Desprats, directeur de la Section interprofessionnelle des vins IGP Côtes de Gascogne. Il fait beau et l’amplitude thermique entre le jour et la nuit est forte, ce qui favorise une bonne accumulation des thiols, ces composés aromatiques qui signent nos vins. On s’attend certes à une toute petite récolte, de l’ordre de la moitié d’une année normale, mais de qualité. » Constat similaire pour Pascal Savoret, président du Syndicat des vins de Madiran et Pacherenc du Vic Bilh : « De notre côté, on anticipe une baisse de 10 à 15 % des volumes mais les raisins sont sains et la production a du potentiel. »

 

Des vendanges à la fois moins précoces qu’en 2020 et plus étalées dans le temps

En termes de calendrier, les dates des vendanges correspondent à celles d’une année normale, contrairement à 2020 qui était une année exceptionnellement précoce. Ainsi, les opérations de récolte devraient commencer à compter de la prochaine semaine dans des secteurs tels que Fronton, Gaillac ou le Gers tandis que les démarrages dans les vignobles les plus tardifs, comme Cahors ou l’Aveyron, sont prévus pour la fin du mois. À la différence d’une année véritablement normale, on s’attend toutefois à des vendanges plus longues qu’à l’ordinaire. Encore la faute au gel, comme l’explique Benjamin Piccoli, directeur du Syndicat des vins AOP Fronton : « L’épisode de gel a provoqué des décalages de maturité entre les parcelles touchées et les autres, ce qui va conduire les vignerons à étaler leurs vendanges dans le temps. » « Dans les parcelles partiellement gelées, les maturités sont effectivement disparates, complète Alain Cazottes, président de la Section interprofessionnelle des Vins de Gaillac. Pour les cuvées haut de gamme, le pilotage se fera à la souche ! Mais on compte aussi sur la chaleur ambiante, et par chez nous par le vent d’autan, qui est un vent chaud, pour rattraper des maturités et lisser des décalages. »

 

 

 

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