Hérault - Loi fin de vie - Le député Philippe Huppé dénonce : l'obstruction parlementaire.

Hérault - Loi fin de vie - Le député Philippe Huppé dénonce : l'obstruction parlementaire.

Hérault - Loi fin de vie - Le député Philippe Huppé dénonce : l'obstruction parlementaire.

Par Philippe Huppé, Député de l’Hérault, le 07 Avril 2021

Proposition de loi fin de vie : Le député Philippe Huppé dénonce « l’obstruction parlementaire qui entache notre démocratie »

Remplacer le mot « médecin » par celui d’« euthanasieur » dans la loi, c’est se moquer de la langue française et du Parlement.

Le jeudi 8 avril, l’Assemblée nationale doit examiner la proposition de loi portant sur la fin de vie déposée par le député Olivier Falorni. Ne disposant que d’une journée pour être examinée, des députés LR ou d’extrême droite ont déposé plus de 3000 amendements pour bloquer les débats.

Aujourd’hui convaincu par la nécessité de légiférer sur la question de la fin de vie, l’avis de Philippe Huppé, initialement réservé, a évolué et il votera en faveur de ce texte. Pourtant, sur un sujet aussi intime que la fin de vie, il n’est pas question de vouloir imposer son avis à tous. Chacun des députés demeure libre de conserver ses convictions, de vouloir en débattre et donc d’amender le texte pour représenter au mieux les évolutions des mentalités collectives.

Mais lorsque sur un texte de 6 articles, 3000 amendements sont déposés dont près de 2200 copiés-collés par cinq députés Les Républicains, soit plus de 400 amendements en moyenne pour chacun, ce n’est ni plus ni moins qu’une confiscation du débat.

En effet, dans le temps imparti pour l’examen de cette loi, soit une journée, il n’est pas possible de travailler sérieusement ces amendements. C’est ce que l’on qualifie d’obstruction parlementaire.

Outre cette technique du copié-collé qui fera débattre plusieurs fois du même amendement, ces députés proposent parfois jusqu’à 15 amendements qui ont un but identique mais en les modifiant çà et là. On peut aussi trouver des amendements absurdes qui visent à remplacer le mot « souffrance » par le mot « douleur » ou encore substituer au mot « médecin », le mot : « euthanasieur ».

D’autres députés ont préféré être plus cocasses. Par exemple, une même députée peut proposer 4 amendements différents pour une même correction de vocabulaire : à savoir de remplacer les mots : « de mort naturelle » par premièrement « mort organisée », deuxièmement « mort planifié », troisièmement « mort provoquée » ou quatrièmement « mort intentionnellement donnée ».

N’est-ce pas abusé ?

Ces quelques exemples illustrent bien la volonté d’obstruction parlementaire contre une loi qui mérite un débat et nécessite un vote de la représentation nationale.

À l’heure où l’on nous apprend que Marie Le Pen est en tête des sondages, cette spoliation du débat s’apparente à du populisme, donnant des arguments supplémentaires à l’antiparlementarisme.

 

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