Perpignan - Ecole 42 : se laisser balloter au gré d'intérêts particuliers ou s'arrimer à des principes d'intérêt général ?

Perpignan - Ecole 42 : se laisser balloter au gré d'intérêts particuliers ou s'arrimer à des principes d'intérêt général ?

Perpignan - Ecole 42 : se laisser balloter au gré d'intérêts particuliers ou s'arrimer à des principes d'intérêt général ?

Par Francis DASPE, animateur de groupe d’action France Insoumise, le 10 Mars 2021

Ecole 42 : se laisser balloter au gré d’intérêts particuliers ou s’arrimer à des principes d’intérêt général ?

Le projet d’implantation de l’Ecole 42 à Perpignan sur le site des Dames de France par l’homme d’affaires Xavier Niel a enfin fini par susciter des débats politiques. Il témoigne surtout du manque de hauteur de point de vue des décideurs économiques et politiques du département des Pyrénées-Orientales.

En effet, le consensus qui semblait se dessiner initialement, et ce sans le moindre esprit critique, illustre jusqu’à la caricature le manque d’imagination d’élus prêts à valider n’importe quel projet dans le seul but de masquer au mieux leur impéritie notoire. Des projets approximatifs, ici ou comme à Rivesaltes pour l’installation du géant Amazon, ne peuvent servir de blanc-seing commode.

Des élus ont cependant brisé, de façon bienvenue, ce consensus de façade. Mais ils ne l’ont pas fait au nom de principes forts et d’une certaine conception de l’intérêt général : leur réaction a été guidée seulement par la préservation d’intérêts particuliers locaux, ou pour être plus exact, de considérations étroitement localistes.

Ce projet contrevient pourtant gravement à l’intérêt général. Le niveau particulièrement élevé d’argent public mobilisé pour financer une école privée a de quoi laisser songeur quand on compare avec les cures d’austérité qui frappent l’éducation nationale en particulier et les services publics en général. C’est ainsi que la région Occitanie serait partante pour attribuer des aides considérables alors même qu’elle n’a jamais pris sérieusement en compte les énormes besoins exigés pour un entretien décent des lycées publics de la région, préférant même augmenter le temps de travail des agents sans augmentation de salaire en conséquence !  Et que le Conseil départemental aurait prévu une dépense supérieure à un million d’euros dans un département rongé par la pauvreté et la précarité ! Ubuesque, ou comme aurait dit l’autre, abracadabrantesque !

Le malaise grandit quand on constate qu’il s’agit d’une école qui ne délivre pas de diplômes. Et que de surcroît le sacro-saint argument de créations d’emplois habituellement utilisé pour justifier les projets les plus contestables ne peut même pas être allégué pour l’occasion.

Les principes que nous défendons sont clairs et précis. L’argent public doit financer la seule école publique dépositaire de l’intérêt général. Les écoles privées, qu’elles répondent à des logiques confessionnelles ou à des intérêts marchands, ne doivent pas détourner les moyens nécessaires à la réalisation du bien commun et des missions des services publics.

Ce projet d’école 42 est de nature à transformer le magnat de la communication et des médias Xavier Niel en « premier mendiant de l’éducation » ! Pour les firmes multinationales, le financement d’un projet doit se faire sur leurs fonds propres. Pour les collectivités locales cherchant légitimement à développer leurs territoires, il existe d’autres manières plus conformes à l’intérêt général de dépenser à bon escient l’argent public. Cela passe par la définition et la promotion d’alternatives résolues aux choix budgétaires dominants actuellement réalisés et soutenus aussi bien par la mairie de Perpignan, la communauté urbaine, le département et la région qui entrent pour l’occasion en parfaite résonance avec la politique nationale menée par le gouvernement Macron / Castex.

Misère de la (petite) politique locale et politique de la misère généralisée !

 

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