Hérault - Interview de René Revol, Maire LFI de Grabels

Hérault - Interview de René Revol, Maire LFI de Grabels

Hérault - Interview de René Revol, Maire LFI de Grabels

Par Groupe Libre Pensée , le 29 Décembre 2020

Interview de René Revol, Maire LFI de Grabels

La loi dite sur le séparatisme va passer à l’assemblée nationale, quelle en est ta lecture ?

Il existe un risque que cette loi soit une loi qui, sous prétexte de rappeler les « valeurs de la République », serve en fait à discriminer une partie de la population en fonction de ses convictions religieuses. Cela participe d’une campagne pour utiliser l’islamisme radical afin de l’assimiler à tous les musulmans, ce qui conforte le nationalisme xénophobe représenté par l’extrême-droite. Ce faisant, cela remet en cause la laïcité de la République, qui a pour but de faire respecter une stricte séparation entre l’Etat et les religions. Cela pourrait aboutir paradoxalement à délégitimer la lutte nécessaire contre l’islamisme radical, qui est avec l’extrême-droite aujourd’hui une autre forme des fascismes contemporains.

Jean Luc Mélenchon aux côtés d’Alexis Corbières, a annoncé un combat d’amendement du groupe parlementaire, sur quoi va porter le fer ?

Le combat parlementaire permet de rendre visible une mobilisation qui doit se faire dans toute la société contre cette loi. Il vise à mettre en évidence la discrimination présente dans cette loi et sa remise en cause de la laïcité.

Le débat parlementaire suffira-t-il face à une majorité qui semble ne pas être perméable à grand-chose ?

L’objectif du combat parlementaire n’est pas de changer le plomb en or, de transformer les macronistes en républicains laïques. Il a pour objectif de faire apparaître les contradictions, de créer des brèches et de conforter par là-même des mobilisations laïques et populaires.

La question de la laïcité n’est pas toujours bien comprise, faut-il également expliquer ou ré expliquer la loi de 1905 ?

Le dévoiement de la notion de laïcité par l’extrême-droite pour en faire une arme contre une partie de la population implique à l’évidence l’impérieuse nécessité de promouvoir et de défendre la laïcité dans l’espace public dans son acception exacte. La laïcité de la République implique trois piliers fondamentaux. Premièrement, la défense inconditionnelle et absolue de la liberté de conscience pour chaque citoyen. Cela signifie la liberté d’avoir des convictions religieuses ou pas, d’avoir telle ou telle conception philosophique. Cela implique la liberté du culte, comme participant d’une société de libertés. Deuxièmement, il en découle la nécessité absolue de la séparation entre l’Eglise et l’Etat. Les Eglises et la religion participent de la sphère privée et ne doivent en aucun cas participer à la décision publique. L’Etat, en République, est au service de l’intérêt général, du bien commun de tous, quelles que soient les convictions religieuses ou philosophiques des citoyens. Troisièmement, il en découle la neutralité du service public. Les fonctionnaires doivent être recrutés en fonction de leur mérite et de leur talent, non en fonction de leurs convictions religieuses. Celles-ci ne doivent par ailleurs pas être manifestées lorsqu’ils incarnent la République dans le cadre de leurs fonctions. C’est ainsi ce qui permet aux enfants d’être protégés contre l’influence de telle ou telle religion à l’école, lorsqu’ils acquièrent les savoirs fondamentaux leur permettant de devenir des citoyens libres. En conséquence, la laïcité est étroitement reliée aux deux principes de liberté et d’égalité qui sont au fondement de notre République.

Les maires sont aux premières loges pour défendre et faire appliquer la laïcité, n’y a-t-il pas des tentations pour instrumentaliser la religion ces dernières années ?

Le maire est avant tout l’expression communale de la République. Il doit donc en garantir les valeurs fondatrices, à commencer par celle de laïcité. Cela nécessite une pratique de stricte séparation avec les religions et leurs Eglises, en respectant les croyances de chacun et en permettant à la liberté de conscience, dont fait partie la liberté du culte, de pouvoir s’exercer librement. Il doit particulièrement veiller au respect de la laïcité dans les écoles primaires qui constituent pour leur construction comme pour leur animation périscolaire une compétence communale exclusive.

 

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