POLITIQUE : HÉRAULT - Mouvements sociaux : l’usage répressif de la force est disproportionné !

HÉRAULT - Mouvements sociaux : l’usage répressif de la force est disproportionné !

Les dérives répressives des forces de l’ordre envers les mouvements sociaux atteignent une intensité inédite ; Montpellier n’en est pas épargnée. Chaque semaine, de nombreux dégâts humains sont à déplorer. Des vies sont bouleversées pour toujours, avec la multiplication des mutilations, dont des yeux crevés et des mains arrachées, causés notamment par l’utilisation massive des LBD 40 (Flash- Ball). Le 12 janvier à Montpellier, la brigade de recherche et d’intervention a fait usage de fusils à pompe avec des munitions en plastique sur les manifestants, alors que ces armes sont utilisées habituellement contre le grand banditisme ou pour des opérations antiterroristes.

Ces actes de violence frappent sans distinction des manifestants, des journalistes ainsi que des jeunes. A Montpellier toujours, les élèves du lycée Joffre qui participaient au blocage de leur lycée le 24 janvier ont été la cible de tasers avant que les forces de l’ordre n’usent de matraques et de gaz lacrymogènes. Dans quelle République sommes-nous pour utiliser de tels moyens contre notre jeunesse ?

Ces dérives répressives sont inquiétantes : les forces de police doivent redevenir avant tout des « gardiens de la paix ». La mission de maintien de l’ordre qui leur incombe ne doit pas verser dans des violences excessives. Comme l’a exprimé Amnesty International dans un communiqué de décembre 2018 : « Lorsque le recours à la force est inévitable, [les policiers] doivent en user avec retenue. »

Par ailleurs, on constate une augmentation des dépenses d’équipements et de matériels, dont on peut interroger la finalité et la pertinence. Selon un rapport de septembre 2018 de la Cour des comptes, le budget « armes et munitions » des forces de police et de gendarmerie a progressé de +232,8% entre 2012 et 2017. Or, équiper plus lourdement les agents n’est en rien synonyme d’efficacité supérieure dans la gestion du maintien de l’ordre. Cette dérive répressive contribue à jeter le discrédit sur les forces de police et de gendarmerie et alimenter les tensions avec les manifestants.

La recrudescence des violences envers les manifestants, qu’il s’agisse des Gilets jaunes, de syndicalistes ou de jeunes lycéens et étudiants est inquiétante et inadmissible. Criminaliser ceux qui luttent pour plus de justice sociale et pour leur avenir ne fera pas cesser leurs revendications. J’appelle le Préfet de l’Hérault ainsi que le Ministre de l’Intérieur à revenir à la raison.

Muriel Ressiguier Députée de la seconde circonscription de l’Hérault (29-01-19)     4733 vues
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