Lavaur - Grosse mobilisation citoyenne pour dénoncer les pratiques illégales des vergers de Fontorbe

Florence Millet

Mobilisation sans précédent

Plus de 500 personnes se sont retrouvées samedi 24 avril dès 11h00 à Lavaur à l'occasion de la marche citoyenne organisée par l'association Vaurais Nature Environnement. Les habitants de Lavaur et des communes environnantes d'Ambres, Giroussens, Labastide Saint-Georges, Saint-Lieux-lès-Lavaur, Belcastel... sont venus en famille pour dénoncer tout haut les pratiques illégales menées depuis des décennies par les vergers de Fontorbe, et dire stop à l'impunité !

Fumées toxiques illégales et leurs tristes conséquences

L'épisode de chaleur exceptionnelle qui a eu pour conséquence la formation prématurée de fleurs, suivie de gel et qui a traversé la France la semaine du 12 avril dernier, a conduit le domaine de Fontorbe à brûler des bottes de pailles mêlées à des hydrocarbures, plongeant ainsi des dizaines de milliers d'habitants dans un épais nuage noir de monoxyde de carbone pendant plusieurs heures, dans la plus totale illégalité.

Au point que les forces de l'ordre ont dû être mobilisées ainsi que les pompiers, la route départementale traversant le domaine de Fontorbe a dû être coupée sur plusieurs kilomètres : du jamais vu !
Après la première nuit, 21 personnes ont été reçues aux urgences pour avoir été intoxiquées par les fumées. Mais cela n'a pas empêché les employés de recommencer les quatre nuits suivantes, et ce en dépit de la garde à vue de M. Lucas Crosnier, Directeur de la Coopérative des Deux Vallées, exploitante du domaine de Fontorbe, et des scellés que la gendarmerie a posé sur les cuves de fioul de l'exploitation.

Les retombées d'hydrocarbures se sont déposées à des kilomètres à la ronde, polluant l'air, l'eau et les sols du territoire du Vaurais. Quinze jours après, les émanations sont toujours perceptibles dans l'air !

La partie visible d'un groupe agro-industriel qui méprise la loi et les riverains

Les fumées ne sont que la partie émergée de l'iceberg ! Cet énorme nuage noir a marqué les esprits et a montré à toute la population que les pratiques du Domaine de Fontorbe se répercutaient bien au-delà de l'exploitation. Les riverains ont pris conscience qu'ils habitaient à côté d'un site "Seveso" qui ne dit pas son nom. Les vergers se sont considérablement étendus depuis 2014 pour atteindre aujourd'hui la superficie de plus de 300 hectares. La manière dont sont cultivés les fruits relève aussi de nombreuses infractions comme l'épandage de produits phytosanitaires (des pesticides, insecticides, engrais...) par grand vent, au mépris de la loi et de la santé des riverains, et en moyenne 35 fois par an, sans qu'aucune information ne soit faite aux populations qui continuent de jardiner, d'étendre leur linge à l'extérieur, de faire du vélo avec les enfants, etc. C'est inadmissible !

Une problématique plus globale

La marche citoyenne de ce samedi 24 avril a permis de rassembler les habitants, souvent isolés et démunis face à ces pratiques illégales. Tous ont pris conscience des nombreux enjeux sous-jacents comme l'accaparement des terres agricoles par le Domaine de Fontorbe, l'irrigation de certaines parcelles qui bouleverse les écosystèmes et contribue à l'accélération de l'effondrement des berges de l'Agout (pourtant déclarées site d'intérêts Communautaires par Natura 2000), les travailleurs étrangers qui sont en première ligne et ne peuvent dénoncer leurs conditions de travail digne de "l'esclavagisme moderne" ! Tout ça pour des pommes et des kiwis qui sont exportés dans leur grande majorité à travers le monde (Asie, Moyen- Orient, Afrique, Océanie...) !

VNE pour le respect de la loi

Espérons que la justice et les pouvoirs publics mettront fin à l'impunité et à ces pratiques illégales. Que des solutions pérennes soient mises en place rapidement en concertation avec les acteurs du territoire dont font partie les habitants.
Sur le plan judiciaire, Vaurais Nature Environnement invite les personnes victimes des fumées à se rapprocher de l'association pour créer un dossier de dépôt de plainte en collectif. Ensemble, nous ferons cesser ces pratiques illégales !

Les riverains sont également invités à filmer les ouvriers en train de traiter par grand vent, il suffit de filmer les engins en train de pulvériser, puis de filmer des branches d'arbres qui serviront de témoins de la puissance du vent, puis de prévenir les gendarmes.

Prise de conscience et sensibilisation

L'association Vaurais Nature Environnement va poursuivre les actions de sensibilisation et d'information de la population. Par exemple via le service d'alerte gratuit : il suffit d'envoyer un email à l'association avec son numéro de téléphone pour recevoir les alertes par SMS lors des épandages par grand vent, être informé des secteurs impactés et des conduites à tenir.

Enfin, l'association invite les habitants à continuer à signer la pétition pour l'arrêt des pratiques illégales et de l’agrandissement des vergers sur change.org "On nous enfume".

Florence Millet (28-04-21)

 


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