ACTUALITÉS : HERAULT - Conservation et valorisation du château de Montferrand : un projet de territoire...

HERAULT - Conservation et valorisation du château de Montferrand : un projet de territoire...

HERAULT - Conservation et valorisation du château de Montferrand : un projet de territoire et de société porté sur dix ans par la Communauté de communes du Grand Pic Saint-Loup

1. UN PROJET PATRIMONIAL D’ENVERGURE POUR LA COMMUNAUTÉ DE COMMUNES DU GRAND PIC SAINT-LOUP (CCGPSL)

La CCGPSL a défini deux priorités dans son projet de territoire 2016-2020 : l’économie et l’emploi. Toutes deux sont déclinées sous plusieurs angles (le tourisme, la jeunesse, l’innovation et la culture) et développées dans le cadre d’une stratégie axée autour de trois piliers porteurs de valeurs fortes :

1. « Faire territoire ensemble »
2. « Encourager toutes nos forces économiques » 3. « Notre identité, notre patrimoine ».

La sauvegarde et la réhabilitation du château de Montferrand s’inscrit dans le cadre du troisième pilier, qui vise à préserver le cadre de vie et à valoriser les ressources patrimoniales locales, ce qui a également des impacts au niveau économique.

Montferrand est un ouvrage d’exception. La forteresse semble émerger des falaises à un point tel que l'on ne saurait, par moments, distinguer l'architecture du travail de la nature. Les pans de murs menacent chaque jour de tomber et d'emporter avec eux l'empreinte du comté de Melgueil, en même temps qu'une partie importante de l'identité locale. La conservation et la valorisation du château constituent donc un projet à la fois scientifique, culturel et social dynamique tant pour les habitants du territoire du Grand Pic Saint-Loup que pour les visiteurs qui y passent.

Ce projet poursuit divers objectifs, dont la réalisation s’inscrit dans des pas de temps différents :

  • sécuriser la visite pour le grand public ;

  • sauvegarder le site en grand danger d’anéantissement, stabiliser l’existant en

  • consolidant les pans de murs les plus menacés ;

  • réhabiliter le site en conjuguant l’ancien et le contemporain:

    amélioration/création des accès, parkings et réseaux ; consolidation et/ou reconstruction partielle des murailles majeures du site ; reconstruction de la chapelle ; création d’une structure contemporaine permettant l’exploitation du site et l’accueil du public en développant des espaces pour des zones d’expositions, l’organisation de manifestations culturelles et une offre touristique majeure. 

Alain Barbe, le président de la Communauté de communes du Grand Pic Saint-Loup, explique la démarche :

Montferrand est le vaisseau amiral sur la crête totémique du pic Saint-Loup. Il observe l’évolution de notre territoire depuis mille ans. Il a été mis là pour être vu, et pour protéger et administrer une communauté de villes qui s’appelait la Communauté du Val de Montferrand. Il ne s’agit pas seulement de restaurer une ruine ; il s’agit de réinventer Montferrand ! Ce projet permettra également de valoriser le savoir-faire des entreprises qui y travailleront, savoir-faire qui sera mis en avant lors de chantiers ouverts au public. Il s’agit donc également de soutenir une économie dénommée « culture ». La démarche comprendra 40 % de restauration patrimoniale, mais aussi 60 % de réalisation contemporaine qui sera impérativement réversible si la proposition ne semble pas acceptable à ceux qui nous succéderont dans cent ans ! Ce lieu sera une vitrine où plusieurs thématiques pourraient voir le jour : le patrimoine, bien sûr, mais aussi la géographie, le vin, la transformation des côtes... L’observatoire de Montferrand nous ouvre plusieurs sujets à traiter... 

2. UNE BRÈVE HISTOIRE DU CHÂTEAU DE MONTFERRAND

L’édifice aujourd'hui en ruine, implanté sur la crête du pic Saint-Loup, présente un visage complexe, né des grandes recompositions qu’il a subies au fil du temps.

La date de la première implantation du château de Montferrand est difficile à définir. Les documents les plus anciens connus remontent au début du XIIe siècle. Ils attestent que le château était déjà bien établi à cette époque.

Le château de Montferrand est pleinement lié à l’histoire des comtes de Melgueil, appelés « comtes de Melgueil et de Montferrand ». Ceux-ci étaient les suzerains des seigneurs et autres petits pouvoirs locaux depuis la mer jusqu’aux portes des Cévennes. La gestion du comté au Moyen Âge se concentrait autour de deux pôles : Mauguio pour la partie sud, le château de Montferrand pour la partie nord. Montferrand était donc la représentation du pouvoir judiciaire, politique et militaire des comtes. C’était un centre administratif dont dépendait l’ensemble des châteaux, villages et autres localités depuis les environs nord de Montpellier jusqu’aux alentours de la ville de Ganges.

Le site de Montferrand conserva un rôle clé après l’époque médiévale. Ainsi, à la fin du XVIe siècle et au début du XVIIe siècle, les parties basses du château furent réaménagées pour accueillir de l’artillerie. À partir de la deuxième moitié du XVIIe siècle, le château tomba progressivement en désuétude, jusqu’à son démantèlement final entre 1699 et 1709, à la demande de l’évêque Charles-Joachim Colbert de Croissy, comte de Melgueil et de Montferrand. Le vieux château féodal n’avait alors plus d’utilité stratégique. Les parties supérieures des bâtiments furent détruites afin de le rendre inhabitable, et des brèches furent ouvertes dans les remparts pour le rendre inutilisable.

3. UNE VUE GLOBALE SUR L’ÉTAT DES LIEUX ACTUEL DU SITE

La démolition au début du XVIIIe siècle s’est concentrée sur les parties habitables. L’ensemble des remparts et des caves voûtées est donc préservé. Les grands pans de murs encore debout, d’une hauteur de plus de 10 mètres pour certains, permettent de connaître l’agencement des étages du château. Ils dessinent la silhouette de la forteresse dans le paysage, mais représentent en même temps un danger pour les visiteurs. La ruine du château de Montferrand résulte de trois facteurs principaux :

  • la démolition méthodique du château sur ordre de l’évêque Charles-Joachim Colbert de Croissy, précédemment évoquée ;

  • le pillage du site depuis trois cents ans, notamment de l’ensemble des pierres travaillées (encadrements de portes, de fenêtres, linteaux, cheminées, arcs, pierres ornementées...) ;

  •  l’abandon du site : les vents et les infiltrations d’eaux entraînent l’effondrement des éléments encore debout. 

4. LES GRANDES ÉTAPES DU PROJET MONTFERRAND

Des travaux de débroussaillage ont eu lieu en 2014 et 2015 afin de rendre les espaces dangereux plus visibles. Le projet de valorisation du site comprend plusieurs étapes échelonnées sur dix ans.

Une première étape de programmation et d’études est en cours, et se poursuivra sur l’année 2018. Elle est peu visible, mais permettra au projet de s’appuyer sur des bases solides qui l’accompagneront tout au long de son accomplissement. Les diagnostics et les études d’impact sur le château et à l’échelle du territoire permettront de définir le programme et le mode d’intervention adéquat. L’orientation qui sera choisie pourra se limiter à une simple consolidation et sécurisation du site comme à un projet d’aménagement important qui pourra s’étendre à l’échelle du massif du pic Saint-Loup. Tout dépendra du potentiel du site et de son état de conservation. Seul l’aboutissement de la première phase d’études permettra de fixer un programme qui sera évolutif en fonction des découvertes.

Archéologues, maçons, tailleurs de pierres, entreprises d’échafaudages et d’étaiements seront les premiers intervenants sur le terrain. En amont, différentes entreprises d’études (ingénieurs structures, géomètres...) nécessaires à la maîtrise d’ouvrage interviendront.

L’étude scientifique de la forteresse a déjà été lancée via un contrat doctoral CIFRE, contrat industriel de formation par la recherche (voir la partie « Les partenaires du projet »). Grâce aux premiers résultats de ces recherches, une maquette du château dans son état actuel a été réalisée début 2017 par L’Atelier Maquettes, une entreprise lyonnaise spécialisée dans la réalisation de maquettes ou de projets de design d’architecture. En outre, une étude paysagère pour le réaménagement du chemin d’accès au château est actuellement menée par l’agence montpelliéraine Atelier Sites.

5. LES PARTENAIRES DU PROJET

La conservation du château sera menée en partenariat avec la direction régionale des affaires culturelles (DRAC). Une demande de classement du château de Montferrand au titre des monuments historiques est en cours de traitement à la DRAC.

Un comité scientifique formé de six chercheurs de disciplines différentes (archéologie, histoire, architecture, paysagisme, géologie) a été formé1.

Une convention industrielle de formation par la recherche (CIFRE) a été signée entre la Communauté de communes du Grand Pic Saint-Loup et un architecte diplômé d’État, chercheur doctorant, Thomas Robardet-Caffin. Établie sur trois ans en partenariat avec

1 Vincent CHALLET, maître de conférences à l’université Paul Valéry Montpellier 3, historien médiéviste spécialiste du Languedoc, directeur du master « Valorisation et médiation des patrimoines » de l’Université, enseignant-chercheur au Centre d’études médiévales de Montpellier (CEMM).
Laurent SCHNEIDER, archéologue médiéviste, spécialiste du Languedoc et des alentours de Montpellier, en charge des travaux de l’abbaye d’Aniane, directeur de recherche au CNRS.

Martine AMBERT, spécialiste du patrimoine naturel et géologique du Languedoc, auteure d’une thèse intitulée Contribution à la connaissance du patrimoine naturel languedocien : enjeux, concepts et applications.
Géraldine VICTIOR, historienne de l’art médiéval à l’université Paul Valéry Montpellier 3, enseignant-chercheur au CEMM.

Lise ROY, maître de conférences à l’université Paul Valéry Montpellier 3 – spécialité écologie biodiversité, enseignant- chercheur au Centre d’écologie fonctionnelle et évolutive (CEFE).
Thomas ROBARDET-CAFFIN, architecte diplômé d’État, chercheur-doctorant au CEMM et au LIFAM. 

le Centre d’études médiévales de Montpellier (CEMM) à l’université Paul-Valéry et le Laboratoire innovations, formes, architectures, milieux (LIFAM) à l’École d’architecture de Montpellier, elle permettra à la CCGPSL d’intégrer au sein de ses services des compétences en architecture et en histoire médiévale, et de bénéficier d’un encadrement scientifique, d’études de terrain et de diagnostics ainsi que de travaux de recherches indispensables à ce projet.

Enfin, une association à visée patrimoniale a été créée mi-2017. Actuellement présidée par Alain Poulet, ancien président de la Communauté de communes du Grand-Pic-Saint- Loup et ancien maire de Combaillaux, l’Association sauvegarde du patrimoine en Grand Pic-Saint-Loup (ASVP GPSL)2 prendra part au projet Montferrand et permettra à ceux qui le souhaitent de s’impliquer dans la conservation du château.

6. LE LANCEMENT OFFICIEL DU PROJET : CONFÉRENCE, VERNISSAGE DE L’EXPOSITION TEMPORAIRE À LA MAISON DES CONSULS

Le lancement officiel du projet Montferrand aura lieu en deux temps.

En premier lieu, une conférence sur le château de Montferrand sera organisée le jeudi 14 septembre à 18 heures, à l’hôtel de la communauté de communes, à Saint-Mathieu- de-Tréviers. Animée par Thomas Robardet-Caffin, architecte DE, chercheur doctorant, elle sera l’occasion de découvrir l’histoire du château de Montferrand, l’organisation de la forteresse, et plus généralement son rayonnement à travers l’histoire du comté de Melgueil. Le propos s’appuiera sur diverses modélisations inédites du site (dessins, maquettes, 3D...) qui permettront de révéler les dernières découvertes sur le château.

En second lieu, le vernissage de l’exposition temporaire « Montferrand, d’une forteresse à une utopie architecturale », réalisée en collaboration avec l’École nationale supérieure d’architecture de Montpellier (ENSAM), aura lieu le vendredi 15 septembre à 18h30 à la Maison des Consuls dans le village des Matelles (cf. communiqué de presse dédié fourni dans le kit).

Ce vernissage sera également l’occasion de lancer officiellement l’Association sauvegarde du patrimoine en Grand Pic-Saint-Loup (ASVP GPSL). 

ANNEXE 1. LA CCGPSL : UNE HISTOIRE, UN TERRITOIRE

La Communauté de communes du Grand Pic Saint-Loup (CCGPSL) est née le 1er janvier 2010 de la fusion de trois communautés de communes : Orthus, Pic Saint-Loup et Séranne Pic Saint-Loup. Le processus de fusion s’est inscrit dans une collaboration de plusieurs décennies entre ces territoires : SIVOM du Pic Saint-Loup et de l’Orthus, chartes intercommunales de développement, Syndicat mixte du SCoT « Pic Saint-Loup - Haute Vallée de l’Hérault », réseau des offices de tourisme intercommunaux, site Natura 2000 Pic Saint-Loup...

Au Moyen Âge déjà, il existait sur ce territoire une forme d’intercommunalité originale : la République de Montferrand.

Le 1er janvier 2013, elle a été rejointe par trois communes de l’ex-Communauté de communes Ceps et Sylves: Buzignargues, Saint-Hilaire-de-Beauvoir, Saint-Jean-de- Cornies, portant à trente-six le nombre de communes qui la constitue aujourd’hui.

Le territoire de la CCGPSL s’étend sur 57 000 hectares (9 % de la superficie de l’Hérault, soit la communauté de communes la plus étendue du département) avec pour centre de gravité le pic Saint-Loup. Il est délimité au sud par l’agglomération montpelliéraine, à l’ouest par le causse du Larzac ; au nord, il est proche des premiers contreforts des Cévennes, et à l’est des plaines côtières.

Plus urbanisé au sud, il est également marqué par une forte ruralité au nord et à l’ouest. Ce territoire est structuré en plusieurs pôles de développement : les communes de la périphérie sud (Saint-Gély-du-Fesc, Saint-Clément-de-Rivière, Teyran), Saint- Mathieu-de-Tréviers, Saint-Martin-de-Londres et Claret.

La population de la CCGPSL est de 48 034 habitants (population légale 2017). Depuis 2014, la CCGPSL est présidée par Alain Barbe, maire des Matelles. 

ANNEXE 2. UN POINT PRÉCIS SUR L’ÉTAT ACTUEL DU SITE DE MONTFERRAND

La partie basse du château

L’ensemble du rempart bas avec les deux portes principales, les archères et les plateformes d’artillerie du XVIIe siècle sont en place. Seul le couronnement des murs a disparu en grande partie. La place d’armes est encore nettement visible, et la basse- cour envahie par la végétation et les remblais laissent présager des découvertes intéressantes sur l’organisation du château.

Le châtelet central

L’organisation interne du château est divisée en trois niveaux principaux de fortifications et un châtelet intermédiaire qui commande l’entrée dans les parties supérieures du château. Ce rempart intermédiaire est bien conservé ; seuls les couronnements sont manquants. Dans le châtelet, un bâtiment en pierres taillées est préservé sur toute sa hauteur. Cette partie de la place forte abrite également un important dispositif de défense de l’entrée du donjon aujourd’hui en grande partie dissimulé sous les remblais.

Le petit Montferrand

Cette partie habitable du château est composée de deux bâtiments disposés en L. Deux angles de bâtiments sont encore en place sur toute leur hauteur avec les portes et fenêtres de chaque étage. Une citerne voûtée est encore parfaitement conservée, ainsi qu’une salle voûtée en croisée d’arête et un réduit attenant voûté en plein cintre. La base d’une tour ronde est observable. Cette tour était encore debout au début du XXe siècle. Un mur pignon côté sud, en pierres finement ouvragés, est encore intact avec sa grande fenêtre en plein cintre.

Le vieux Montferrand

C’est la partie la plus importante et la plus ancienne du château. Les bâtiments et dépendances s’organisent autour d’une cour centrale. La partie basse du donjon est encore bien conservée, et regroupe 250 m2 de caves voûtées préservées. La grande citerne voûtée et son puits de communication sont conservés. Une partie du mur sud du donjon est encore intacte sur toute sa hauteur avec une tourelle d’escalier. Des fenêtres, des portes et les restes de salles d’apparat y sont encore observables. Cette partie de la forteresse est recouverte par des remblais qui cachent les vestiges des dépendances et bâtiments annexes de la haute cour. Cette cour se termine par une terrasse d’observation qui surplombe le château à 40 mètres au-dessus des parties les plus basses. Elle culmine, à près de 400 mètres d’altitude, la mer qui est visible sur un large panorama. 

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Johanna CALLIGHER (13-09-17)     1096 vues

 

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